Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 23:13

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Qui s'intéresse à l'environnement s'intéresse aux politiques agricoles
(si si normalement ça va ensemble).
Qui s'intéresse aux politiques agricoles est au courant de la mise en place d'une Politique Agricole Commune (PAC) en Europe en 1962 à la suite du Traité de Rome (1957), pour moderniser le secteur agricole européen et le rendre plus productif.
Les Etats-Unis ont fait exactement la même chose avec le FAIR Act (1996), puis le FSRIA (2002), qui est également une politique agricole interventionniste dans un but de rentabilité accrue.
C'est donc le début d'une progression vers l'agriculture intensive (et tous les enjeux économiques que cela suppose sur les marchés mondiaux, régulés par l'OMC).

L'élevage intensif est largement contesté par l'opinion publique à aujourd'hui, c'est politiquement correct de dire que c'est mal... Nous avons pu d'ailleurs observer qu'une grève de la viande a été proposée par des personnages médiatiques à Copenhague la semaine dernière... hum.

Mais il ne faudrait pas se tromper de coupable. Les agriculteurs, les éleveurs et autres professionnels de l'industrie de la viande n'ont fait que réagir en fonction des subventions et directives de la PAC et de ses réformes successives.
C'est ainsi que les petits producteurs ont vu leur nombre décimé, que les exploitations se sont transformées pour devenir des usines à transformer de la vie en objet puis en viande, en grandes quantités.

Heureusement il existe encore quelques élevages extensifs, ne les oublions pas.

Ce sont donc bien des décisions politico-commerciales qui sont à l'origine de l'agriculture intensive dans son ensemble.

Car bien sûr, qui dit élevage intensif dit culture intensive pour nourrir les bêtes.
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Dessins de l'Insolente Veggie

Qui dit culture intensive dit utilisation intensive de produits phytosanitaires (pesticides, fongicides, herbicides... de la mort en bidons) et d'engrais (azotés, phosphatés... soit autant de déséquilibres dans la composition naturelle des sols).
Mais la culture intensive et ce besoin de productivité accrue appellent immédiatement à une autre notion qui s'est développée en parallèle : la manipulation génétique. Donc les OGM viennent sur le marché des semences, bras dessus, bras dessous avec le Round'Up (Monsanto), mais c'est encore une autre histoire... ;-)
Enfin, environ 80% des surfaces agricoles du monde sont consacrées à l'alimentation du bétail... donc comme le dessin le montre, l'élevage intensif est indirectement responsable du déséquilibre de la disponibilité des ressources dans le monde.

arton2696.jpgA cela s'ajoutent les conditions de vie des animaux, qui, entassés comme des objets, souffrent physiquement (manque d'espace, escarres pour les porcs, ébecquage des volailles, castrations "sauvages" (parce que ça n'a rien à voir avec celle de votre chien chez le vétérinaire, là pas le temps d'anesthésier et pas de convalescence choyée)), souffrent également psychologiquement (séparation entre le veau et sa mère si c'est une laitière et direction l'abattoir, pendant que sa mère sera "utilisée" jusqu'à ce qu'elle meure d'épuisement et finisse à l'abattoir aussi ; privation de liberté, de possibilité de brouter, de courir...).
Leurs conditions de transport et d'abattage sont également souvent largement perfectibles et le stress, même dans les structures les plus attentives au bien-être animal (car il y en a), reste présent. Les animaux sentent la mort, ils sont sortis de leurs habitudes, malmenés car trop nombreux, certains meurent pendant le voyage (surtout les volailles, avec le cou coincé entre deux palettes - je parle d'expérience -), certains trop stressés sont loupés au moment de l'anesthésie avant la saignée ou au moment de l'abattage pour les bovins par exemple...

Bref il y a bien des raisons de vouloir se révolter contre l'élevage intensif, il y a bien des raisons donc de boycotter cette industrie.
Bien évidemment, le boycott en soi n'est pas une solution et des solutions il en faut (article à venir).
Mais à échelle individuelle, on peut quand-même choisir entre donner son argent à une chaine de production "barbare" ou de le donner à une chaine de production extensive ... ou le garder pour une alimentation végétar/lienne BIO.  C'est de la simple consom'action.

Après avoir lu ce bref et sommaire condensé des conséquences de l'élevage tel qu'il se pratique bien trop fréquemment dans le monde, les choses peuvent sembler plus claires...

Pourtant les végétariens se voient encore et toujours poser cette question...
POURQUOI?
(sous-entendu : pourquoi te priver de ce qui est bon, pourquoi nous faire cet affront, pourquoi risquer de mettre ta santé en péril - ce qui est totalement faux - ...)

Alors les jours de fatigue, où la motivation est trop faible pour faire l'exposé de tout ce qui vient d'être dit et bien plus encore, il faut une alternative.

L'Insolente Veggie en a proposé une série
ici, voici ma préférée :
"Je suis végétarienne parce que je ne suis ni noire, ni arabe, ni lesbienne et que je voulais savoir ce qu'était la discrimination."
LOL! Bon c'est de l'humour donc souriez, vous êtes filmé!

Ou sinon on propose une petite minute méditation sur ce genre de schéma :
effet-de-serre-fonction-alimentation-600x450.png

Pour aller plus loin, je vous invite à faire un tour
ici.

Je parlerai plus tard de comment équilibrer son alimentation, mais en attendant je vous laisse faire du lèche-vitrine/écran/babines
ici   :-)

Les bonnes raison de diminuer/stopper sa consommation de viande et de produits d'origine animale sont extrêmement nombreuses.
Si vous avez envie de vous confronter  à la réalité, je vous exhorte à regarder Earthlings (Terriens), un film qui retrace à peu près tous les aspects qui nécessitent une prise de conscience dans le domaine du bien-être animal, en relation directe avec la consommation.
Il est déconseillé aux moins de 16 ans et c'est justifié, il y a des images très dures. Faites des pauses, allez respirer, zappez éventuellement un passage pour passer à la suite, mais si possible essayez d'entendre la totalité du message. A noter cependant que les reportages ne sont pas réalisés en France et certaines pratiques n'y seraient pas tolérées. Reste que si vous n'achetez pas de la viande française, elle peut être le produit de l'industrie que vous observez dans le film.
Ce n'est qu'en étant informé qu'on fait vraiment ses propre choix.
Une fois que l'on sait, on décide si on assume, si on cautionne, si on boycotte... mais au moins c'est en connaissance de cause.

Par Betelgeuz - Publié dans : Savoir, apprendre - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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