Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 13:56

Suivre le mouvement... découvrir quelque chose de nouveau qui semble répondre à toutes nos attentes.
La société oscille au rythme des courants de pensée qui trouvent leur place dans le contexte du moment.

Le courant écologiste, utilisé à toutes les sauces maintenant et pourtant dénigré il y a une dizaine d'années encore...
Les courants "naturels" dans tous les domaines (alimentation, entretien, cosmétique, équitation...) qui fleurissent à tous les coins de rues...

Autant de belles initiatives, partant du constat réel de déviances néfastes.
Autant de bonnes intentions... mais l'enfer n'en est-il pas pavé?

Je suis une environnementaliste, j'achète BIO et fais le choix de l'éthique dans bien des domaines, je prône une équitation plus respectueuse du bien-être du cheval... : je suis donc en plein dans la vague actuelle, à la mode.

...

dessiné par clotka, blog à visiter! Dessin par Clotka (visitez-la!)

Moi à la mode... ça me fait rire!
Je n'ai jamais attendu que ces problématiques soient plébicitées pour y réfléchir ou pour appliquer des principes de bon sens. Je n'ai pas choisi mes études en fonction du mouvement politico-écologico-climatico-démagogique.
Mais voilà, je suis en plein dans le moule.

Pour autant, j'essaie de garder de la ditance par rapport à tout ça.
Je refuse d'être radicale et si les démarches actuelles sont à mon sens positives, elles ne doivent pas renier le passé pour autant.
On ne peut pas revenir sur ce qui a été fait, on ne peut pas cracher sur des dizaines ou des centaines d'années de décisions et d'entreprises mises en oeuvre par des gens avant nous. Des personnes qui croyaient, autant que nous actuellement, bien agir en fonction du contexte.

Je m'explique : si aujourd'hui il semble "nouveau" et "à la mode" de choisir des légumes de saison, de favoriser une agriculture peu impactante sur l'environnement, de ne pas mettre n'importe quelle substance sur sa peau, d'économiser l'énergie etc... il y a 60 ans, la question ne se posait pas!
Mais des décisions politiques (la PAC, la mondialisation, ...), prises à la base pour améliorer le niveau de vie d'une partie de la population et donc "officiellement" avec de bonnes intentions, ont bouleversé les échelles de valeur, les références des consommateurs, lesquels se sont mis à consommer en suivant la fluctuation des prix, sans réaliser ce qu'ils favorisaient ainsi...
Nous revenons en arrière... nous revenons à des concepts de proximité et de parcimonie qui existaient déjà il y a un siècle.

La surconsommation, c'était ça la nouveauté, l'effet de mode à mettre en évidence... et à condamner.

null Le retour à des valeurs plus modestes et plus raisonnées peut paraitre réactionnaire, il est pourtant nécessaire et les gouvernements du monde l'ont compris. Alors on le présente comme nouveau, attrayant, plein de vert et de logos rappelant la Nature : on lance une mode avec des vieilleries...
Tiens, après tout, ça rappelle l'industrie textile! Comme quoi la mode est bien la même partout ^^



Mais je ne pense pas que ce soit néfaste : on incite ainsi les consommateurs à s'y intéresser et il n'y a que comme cela que les choses peuvent évoluer.
Le retour en arrière n'est pas une annulation des derniers évènements : il permet de tirer des leçons et d'éviter de refaire les mêmes erreurs.
C'est une évolution saccadée, mais réelle : deux pas en avant, un pas en arrière, deux pas en avant... du moins je l'espère.

Les détracteurs de ces courants reprocheront l'effet de mode et par prudence, parce que tout mouvement de foule peut être dangereux et basé sur des idées douteuses, s'opposeront à toute la démarche, en bloc.

"Vous achetez BIO? La bonne blague..." ; "Vous regardez la liste des excipients chaque fois que vous achetez un produit? Mais vous n'avez que ça à faire!" ; "Oui oh les économies d'énergie, on n'arrête pas de nous en parler et pour autant les hommes d'Etat voyagent toujours en avion!" ; ... je vous épargne les remarques spécifiques à l'équitation dite "plus naturelle" ou encore "éthologique", qui ne seront pas comprises par les néophytes.

Bref... autant de réflexions qui évitent d'aborder les sujets de fond.
Pour autant, ces mêmes personnes peuvent être parfaitement d'accord avec les idées véhiculées par les courants "à la mode", mais l'impression malsaine d'un tel engouement, si soudain, les rebute. Ils se méfient et je les comprends.
Si je n'avais pas été naturellement sensible à ces problématiques, si je ne m'étais jamais posé de question à ce sujet et que j'avais observé cette déferlante arriver en spectatrice, il est fort probable que j'aurais moi aussi eu une réaction de recul, par prudence.

Mais il y a du bon à prendre, du logique, du sain. Et tout peut être nuancé, tempéré par l'expérience. Faire table rase du passé est une illusion, qui plus est nocive.
Malgré l'enthousiasme naissant, l'envie de changer le monde, il faut utiliser les leçons tirées de l'Histoire et des histoires pour dresser les plans de l'avenir.

On retrouve bien souvent des propos étonnamment actuels dans les écrits des anciens...



Par Betelgeuz - Publié dans : Penser - Communauté : Philosophie contemporaine
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